Portrait de Dylan Vanotti

Écrire dans le silence, observer ce qui demeure.

À propos

Une voix trouvée
dans une salle de classe.

Tout a commencé en quatrième, entre les murs ordinaires d’une salle de classe. Notre professeure de français nous avait demandé de réécrire une scène des Misérables. Elle a aimé mon texte, lui a offert une très bonne note, puis quelque chose d’infiniment plus précieux : elle l’a lu à voix haute devant les autres. Jusqu’alors, écrire n’était qu’un exercice. Ce jour-là, les mots ont quitté ma copie. Ils ont traversé la classe et, pour la première fois peut-être, j’ai entendu ma propre voix.

Les années m’ont ramené dans les salles de classe, mais de l’autre côté du bureau. Après des études de lettres, je suis devenu professeur de français en collège. Je ne cherche pas à dresser une frontière entre enseigner et écrire : les deux chemins se croisent, se répondent et parfois s’éclairent. À mes élèves, j’essaie de transmettre le goût des textes, bien sûr, mais aussi le vertige plus intime d’inventer, de chercher ses mots et de découvrir qu’une voix peut n’appartenir qu’à soi. J’écris depuis longtemps. Pourtant, ce n’est que depuis peu que j’ose pleinement donner à cette part de moi son véritable nom : auteur.

Ma bibliothèque ne connaît guère les frontières. Victor Hugo et Jean d’Ormesson y conversent avec Edgar Allan Poe, H. P. Lovecraft, Dan Brown, Bernard Werber ou Mark Z. Danielewski. J’aime les romans qui emportent autant que ceux qui inquiètent, les histoires qui nous tiennent par la main avant de déplacer, presque à notre insu, le sol sous nos certitudes.

J’écris volontiers à cet endroit fragile où le réel commence à hésiter. Là où l’imaginaire n’est plus une fuite, mais une façon de mieux regarder le monde - peut-être même d’en révéler les lignes cachées. La transmission, la quête de sens, la mémoire et ces liens ténus que nous tentons de préserver lorsque tout menace de se défaire traversent naturellement mes histoires.

Mes personnages poursuivent souvent ce qui se dérobe : une présence disparue, une réponse, une preuve, parfois une simple raison de continuer. Ils avancent avec leurs blessures et leurs doutes, portant au creux des mains ce qu’il leur reste d’espoir - peu de chose, quelquefois, mais assez encore pour éclairer la route.

D’un naturel solitaire, parfois mal à l’aise dans le tumulte des relations sociales, j’ai trouvé dans l’écriture une autre mesure du temps. Un lieu où l’on peut s’arrêter, observer les êtres, imaginer ce qu’ils taisent et chercher patiemment les mots capables de faire vivre tout ce qui, sans eux, serait demeuré dans l’ombre.

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